Articles
1-12
Alexander MEERT (Vrije univ. Brussel & Univ. Gent, België), The Atheist Writings of Diagoras of Melos. New Approaches to the Authenticity of “Phrygioi Logoi” and “Apopyrgizontes Logoi”
Résumé
Auteur(s) : Alexander MEERT (Vrije univ. Brussel & Univ. Gent, België)
Titre : The Atheist Writings of Diagoras of Melos. New Approaches to the Authenticity of “Phrygioi Logoi” and “Apopyrgizontes Logoi”
Revue : L’Antiquité Classique
Volume : 87
Date : 2018
Pages : 1-12
Résumé :
Le sophiste et philosophe Diagoras de Mélos (c. 470 – c. 400 av. J.-C.) est souvent considéré comme l’athée par excellence dans l’Antiquité classique. Sa réputation n’est pas seulement fondée sur ses prétendues actions de divulgation des mystères d’Éleusis, mais aussi sur ses écrits athées. Des traditions différentes ont conservé deux titres distincts de sa production littéraire. Le but de cet article est de rechercher à quel degré ces titres conservés correspondent au cadre temporel dans lequel Diagoras a vécu ou bien apparaissent comme étant le produit de traditions littéraires plus tardives.
Abstract:
The sophist philosopher Diagoras of Melos (c. 470 – c. 400 BC) is often regarded as the quintessential atheist in Classical Antiquity. This reputation is not only based on his alleged divulging of the Eleusinian Mysteries, but also on his atheist writings. Different traditions have preserved two distinctive titles from Diagoras’ literary output, and the aim of this article is to investigate to what degree these preserved titles correspond to the time frame in which the philosopher lived or appear to be the product of later literary tradition.
13-53
Essam SAFTY (St Thomas Univ., Fredericton NB, Canada), Les difficultés du débat sur la justice entre Socrate et Thrasymaque dans la République I
Résumé
Auteur(s) : Essam SAFTY (St Thomas Univ., Fredericton NB, Canada)
Titre : Les difficultés du débat sur la justice entre Socrate et Thrasymaque dans la République I
Revue : L’Antiquité Classique
Volume : 87
Date : 2018
Pages : 13-53
Résumé :
La formidable diversité des interprétations relatives aux thèses soutenues par Thrasymaque dans la République de Platon ne fut pas sans porter préjudice à l’intelligence même desdites thèses : la divergence inattendue de lectures appela à son insu la multiplicité d’impressions de fragmenté voire de désordonné ; et le hasard des lectures exégétiques, lesquelles ne se départissent que rarement du ton polémique, continue à noyer à la fois dans l’impressionnisme et dans l’hypothétique la trajectoire réelle de la pensée du sophiste. De nouveaux efforts doivent ainsi être consentis afin de replacer la pensée du sophiste dans son cadre conceptuel propre : conséquente et irréductible, la réflexion de Thrasymaque doit être éclairée par une analyse d’ensemble, qui ne perde pas de vue qu’elle suit une marche, non pas concurrente, mais parallèle à celle des thèses soutenues par Socrate. Nous ne nous engagerons donc pas dans la polémique définitionnelle, ni ne jugerons la réflexion de Thrasymaque à l’aune de celle de Socrate, mais proposerons une relecture objective d’un débat qui non seulement soulève des questions d’ordre légal, épistémologique, politique ou éthique, mais fournit l’essentiel de son matériel théorique à l’édifice idéal de la République.
Abstract:
The vast array of interpretations pertaining to Thrasymachus ’ theses in Plato’s Republic has resulted in divergent understandings of the sophist’s thoughts. Indeed, the unexpectedly inconsistent readings gave rise to multiple impressions of chaotic and fragmentary interpretations. Thus, chance exegetical readings, which are most often tinged with a polemical tone, continue to drown in impressionistic and hypothetical views of the sophist’s actual stream of thoughts. Further efforts must therefore be deployed in order to assign these thoughts to their proper conceptual framework: substantial and irreducible, Thrasymachus’ views must be informed by a comprehensive analysis. And this analysis should not lose sight of the fact that these views strive to follow a path that does not compete with, but is parallel to, those supported by Socrates’ theses. Therefore, I shall not elaborate on the much-vexed controversy of definitions;nor shall I judge Thrasymachus’ thinking in terms of that of Socrates. Rather, I propose to objectively revisit the reading of a debate, which not only raises questions entailing legal, epistemological, political and ethical implications, but also provides the ideal structure of the Republic with most of its theoretical material.
55-76
Héloïse MALISSE (Univ. catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique), À la poursuite de jolies filles : les violences sexuelles et le pudor féminin dans les récits de poursuite chez Ovide
Résumé
Auteur(s) : Héloïse MALISSE (Univ. catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique)
Titre : À la poursuite de jolies filles : les violences sexuelles et le pudor féminin dans les récits de poursuite chez Ovide
Revue : L’Antiquité Classique
Volume : 87
Date : 2018
Pages : 55-76
Résumé :
À la lecture de l’ensemble des récits de poursuite sexuelle chez Ovide, de nombreux points communs, voire même des répétitions scénaristiques, se dégagent. Ces points communs sont tous en rapport avec le pudor féminin. Ainsi, ces récits permettent tout d’abord de constater que ce terme largement polysémique désignait également l’intégrité sexuelle des femmes. De plus, si le terme pudor n’est pas utilisé par le poète dans chacun de ses récits de poursuite, on peut percevoir dans ceux-ci plusieurs illustrations des différents sens de ce mot. Ainsi, afin de garder leur intégrité sexuelle intacte, les jeunes femmes des récits qui nous concernent ici fuient le désir masculin, que ce soit en ne s’apprêtant pas, en maudissant leur beauté et/ou en dédiant leur existence à Diane, la déesse de la virginité par excellence. Cette étude a ainsi pour but de pointer ces ressemblances scénaristiques dans les récits de poursuite sexuelle chez Ovide et d’en dégager certaines hypothèses.
Abstract:
When we read the narratives of erotical pursuits in Ovid’s work, we can see several similarities, even some repetitions in the script. These similarities are always in connection with female pudor. In that respect, those narratives provide proof that this highly polysemous word also encompasses a sense of sexual integrity for women. In addition, although Ovid does not use the word pudor in every narrative of erotical pursuits, we can see in these accounts several examples of the different meanings of the word. The young women in these narratives try to keep their sexual integrity safe by keeping themselves away from male desire: they do not make themselves pretty, they curse their natural beauty and/or they dedicate their life to Diana, the goddess of virginity. The aim of this paper is to examine all of these similarities in the narratives of erotical pursuits in Ovid’s work and to discuss some of the relevant hypotheses.
77-107
Anne LEFTERATOU (Univ. of Heidelberg, Allemagne), The Visual Trademark of the Greek Novel. Novelistic Opening Ekphraseis in Chariton and Heliodorus
Résumé
Auteur(s) : Anne LEFTERATOU (Univ. of Heidelberg, Allemagne)
Titre : The Visual Trademark of the Greek Novel. Novelistic Opening Ekphraseis in Chariton and Heliodorus
Revue : L’Antiquité Classique
Volume : 87
Date : 2018
Pages : 77-107
Résumé :
Dans cette analyse, j’examine la relation des romans grecs avec la culture visuelle impériale et tardo-antique. Les scènes d’ekphrasis qui ouvrent le roman poussent le lecteur à se souvenir d’œuvres d’art particulières, bien implantées dans sa « galerie de l’esprit ». Dans mon analyse, je compare la description de Chariton de la Scheintod de Callirhoé qui domine le premier livre du roman avec le type de l’Ariane dormante et je suggère une influence du milieu visuel sur le roman, mais aussi vice versa. Dans la seconde partie de l’article, j’étudie l’ouverture des Éthiopiques d’Héliodore, en particulier Chariclée embrassant Théagène, par rapport au type de la Magna Mater lugens embrassant son acolyte pour montrer que, contrairement à Chariton, Héliodore suit une esthétique syncrétique plus complexe typique de l’Antiquité tardive. Mes conclusions s’attachent au rôle programmatique pour le genre des ekphraseis d’ouverture et explorent le changement dans le goût visuel de l’époque impériale à l’Antiquité tardive.
Abstract:
In this analysis I examine the relationship of the Greek novel with the imperial and late antique visual culture. The novel’s ekphrastic opening scenes prompt the reader to recall particular works of art, well embedded in his/her ‘Gallery of the Mind’. In my analysis I compare Chariton’s description of Callirhoe’s Scheintod,which dominates the first volume of the novel, with the archetype of the Sleeping Ariadne, and I suggest an influence of the visual milieu on the novel but also vice versa. In the second part of the paper I study the opening of Heliodorus’ Aethiopica, specifically Chariclea embracing Theagenes, in relation to the archetype of the Magna Mater lugens embracing her acolyte. My aim is to show that, unlike Chariton, Heliodorus follows a more complex syncretic aesthetics typical of Late Antiquity. My conclusions address the programmatic role of ekphrastic openings in the genre and explore the shift in visual taste from imperial to late antique times.
109-136
Clàudia ZARAGOZA-SERRANO (Univ. autónoma de Barcelona, Espagne) et Borja ANTELA-BERNÁRDEZ (Univ. autónoma de Barcelona, Espagne), El simposio de Alejandro
Résumé
Auteur(s) : Clàudia ZARAGOZÀ SERRANO (Univ. autónoma de Barcelona, Espagne) et Borja ANTELA-BERNÁRDEZ (Univ. autónoma de Barcelona, Espagne)
Titre : El simposio de Alejandro
Revue : L’Antiquité Classique
Volume : 87
Date : 2018
Pages : 109-136
Resumen :
Las habituales visiones sobre Alejandro Magno acostumbran a plantear su vida cotidiana desde el prisma de la cultura helénica. No obstante, en un aspecto bien estudiado como es el del Simposio, un análisis detallado permite observar las influencias no sólo griegas o incluso aqueménidas, sino también tradiciones macedonias (y por influencia, también micénicas). Todo ello permite advertir el simposio como un espacio privilegiado de la monarquía Argéada como mecanismo de control, exhibición de poder y gestión de influencias.
Abstract:
The usual perceptions of Alexander the Great observe his day-to-day life from the perspective of Greek culture. Nevertheless, a detailed analysis of an aspect of Alexander’s life as well known as the Symposium, allows us to note the influences not only from Greece, but also those of a strong Macedonian origin (with Mycenaean influence) and even those of Achaemenid origin. All this allows us to perceive the Symposium as a privileged space of the Argead Royal House, and something that was used as a mechanism of control, an exhibition of power and a way to manage influences.
137-153
Christophe BURGEON (Univ. catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique), Le récit de Tite-Live de la bataille de Zama
Résumé
Auteur(s) : Christophe BURGEON (Univ. catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, Belgique)
Titre : Le récit de Tite-Live de la bataille de Zama
Revue : L’Antiquité Classique
Volume : 87
Date : 2018
Pages : 137-153
Résumé :
Le compte rendu livien du combat est guidé par son sens historique, mais aussi par son élan patriotique et rhétorique. Ainsi, le texte de Polybe a, dans l’Ab Vrbe condita, été amendé à plusieurs reprises, tant pour des raisons stylistiques qu’idéologiques, tout en œuvrant à rendre le conflit romano-punique de Zama intelligible. C’est essentiellement par des moyens rhétoriques que Tite-Live a dessiné les esquisses d’un schéma dialectique faisant ressortir encore davantage la concordia romaine. À Zama, il s’est attaché à démontrer, au-delà de la victoire d’un général sur un autre, la supériorité romaine sur le régime de Carthage et a mis l’accent sur la cohésion de l’armée de Scipion. Chez Tite-Live, plus encore que chez Polybe, c’est le règne de l’unité militaire, rendue possible par le rassemblement de citoyens autour d’une identité commune, qui a assuré les succès de Rome. Dans la représentation organiciste de la cité qui était sienne, le Padouan a placé les comportements collectifs au cœur de l’histoire.
Abstract:
The Livian account of the battle is guided by the author’s historical sense but also by his patriotic and rhetorical verve. As a result, Polybius’ text was amended several times in the Ab Vrbe condita, both for stylistic and ideological reasons, while making the Roman-Punic conflict of Zama comprehensible. It was mainly through rhetorical means that Livy drew sketches of a dialectical pattern, further emphasizing the Roman concordia. At Zama, Livy attempted to demonstrate, beyond the victory of one general over another, the Roman superiority over the Carthaginian regime and he focused on the cohesion of Scipio’s army. With Livy, even more than with Polybius, it was the reign of the military unit, made possible by the gathering of citizens around a common identity, that ensured Rome’s success. In his organicist representation of the city, the Paduan placed collective behaviors at the heart of history.
155-175
Emmanuel ARBABE (Saint-Maur-des-Fossés, France), Hanarrus, magistratus de la cité des Consoranni
Résumé
Auteur(s) : Emmanuel ARBABE (Saint-Maur-des-Fossés, France)
Titre : Hanarrus, magistratus de la cité des Consoranni
Revue : L’Antiquité Classique
Volume : 87
Date : 2018
Pages : 155-175
Résumé :
L’inscription funéraire d’un Consorannus (CIL XIII, 5), que l’on placera au début de la période julio-claudienne, montre qu’il fut questeur et mag() au sein de son peuple. L’étude de cette inscription de peu postérieure aux réformes augustéennes, ainsi que les situations institutionnelles simultanées dans les cités trévire et helvète, permettent de conforter l’idée que Hanarrus fut magistrat de la cité des Consoranni et non le magister d’un pagus de la cité des Convènes comme cela est majoritairement avancé. On peut également montrer qu’en Gaule comme ailleurs, le terme mag(), lorsqu’il apparaît seul, doit être développé en magistratus plutôt qu’en magister ou magister pagi et désigne le plus haut magistrat municipal.
Abstract:
A funerary inscription made in honor of a Consorannus (CIL XIII, 5), which we shall place at the beginning of the Julio-Claudian period, shows that he was quaestor and mag() among his people. The study of this inscription – made a short time after the Augustan reforms – as well as the concurrent institutional situations in the Treveri and Helvete cities, reinforce the idea that Hanarrus was a magistrate of the city of Consoranni and not the magister of a pagus of the city of the Convenae, as was predominantly stated. We can also show that in Gaul, as elsewhere, the term mag(), when it appears alone, should be expanded to magistratus rather than to magister or magister pagi, and that the term designates the highest municipal magistrate.
177-192
David WOODS (Univ. College Cork, Irlande), Chrysostom, Ammianus, and the Death of the Empress Eusebia
Résumé
Auteur(s) : David WOODS (Univ. College Cork, Irlande)
Titre : Chrysostom, Ammianus, and the Death of the Empress Eusebia
Revue : L’Antiquité Classique
Volume : 87
Date : 2018
Pages : 177-192
Résumé :
Une homélie de Jean Chrysostome qui rappelle les malheurs subis par une série d’empereurs en commençant par Constantin I comporte une description de la mort d’Eusébie, la seconde épouse de Constance II, comme le résultat d’un traitement pour infertilité, où la femme responsable de ce traitement est dite s’être détruite elle-même, ce qui signifie probablement qu’elle a été exécutée pour son rôle présumé dans la mort de l’impératrice. Il est démontré que cette description de la mort d’Eusébie mérite d’être prise au sérieux et que la première candidate pour l’identification comme la femme tenue pour responsable de sa mort est Assyria, l’épouse du magister peditum Barbatio, qui a été exécutée en même temps que lui en 359. Ammien semble avoir délibérément effacé cet aspect de l’exécution de Barbatio et Assyria dans le but de rechercher une caractérisation particulière de la mort de Barbatio comme la conséquence de la même sorte de rumeurs vicieuses, mais sans fondement, qu’il avait lui-même utilisées contre ses rivaux jusqu’à ce point.
Abstract:
A homily by John Chrysostom recording the misfortunes suffered by a succession of emperors, beginning with Constantine I, includes a description of the death of Eusebia, the second wife of Constantius II, as a result of treatment for infertility, where the woman responsible for this treatment is said to have destroyed herself also, by which is presumably meant that she was executed for her apparent role in the empress’ death. It is argued that this description of the death of Eusebia deserves to be taken seriously, and that the prime candidate for identification as the woman held responsible for her death is Assyria, the wife of the magister peditum Barbatio, who was executed alongside him in 359. Ammianus seems to have deliberately concealed this aspect of the execution of Barbatio and Assyria in order to pursue a particular characterization of Barbatio’s death as being the result of the same sort of vicious but baseless rumors that he had himself used against his rivals up to this point.
Mélanges
193-197
Marco GEMIN (Univ. degli Studi di Padova, Italie), πεδάρσιοι/πεδάοροι nelle Coefore
199-207
Juan Carlos VILLALBA SALÓ (Univ. de Zaragoza, Espagne), El olivo de Fauno: Aen. 12.766-790
Chroniques
209-224
Klazina STAAT (Univ. Gent, België), Late Antique Latin Hagiography, Truth and Fiction: Trends in Scholarship
225-266
Alexandra ALEXANDRIDOU (Univ. libre de Bruxelles, Belgique) & Olga KAKLAMANI (Univ. of Athens, Grèce), θάνατος II. Reviews of Publications on Mortuary Practices in Greece (10th – 4th c. BC)
267-298
Jean Charles BALTY (Aucamville, France), Sculpture romaine : histoire des collections et catalogues, monographies, « Afterlife » de la statuaire
Comptes rendus
299-744
